1°) du point de vue de l'écologie relationnelle
2°) du point de vue de l'analyse transactionnelle
3°) du point de vue de la Gestalt
4°) du point de vue de la pyramide de Maslow
5°) du point de vue de la PNL
6°) du point de vue du cycle septennaire
7°) du point de vue de la psychanalyse freudienne
8°) du point de vue de la phénoménologie
9°) du point de vue de l'éthymologie
10°) du point de vue du positivisme scientifique
11°) du point de vue de l'Abbé Pierre
12°) du point de vue de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen
1°) Du point de vue de l’écologie relationnelle: l’absence de débats et de médiation.
Ce n’est pas un mystère : « l’ami qui te comprend te crée ». Un autre adage, issu de la sagesse populaire pour celui-là nous le dit autrement « une peine partagée est diminuée de moitié et une joie partagée est doublée». Un autre spécialiste éminent des rapports humains l’expose ainsi (Jacques Salomé) : « notre bonheur est intimement lié à la qualité des rapports de communication qui nous entourent ». Tout ceci pour dire à quel point le sens du dialogue devrait avoir sa place dans la fonction éducative de ceux qui arborent le titre d’éducateurs spécialisés.
Malheureusement une étude aussi succinte qu’approfondie ne nous permet pas de miser sur ce sens du dialogue auprès des professionnels intervenant le plus couramment dans la vie des enfants en difficulté. Dans l’affaire qui m’a concerné de près, sur un période de 18 ans je n’ai rencontré l’esprit du dialogue que sur une période de deux ans. Et encore c’était avec une éducatrice issue d’un institut pédo-psychiatrique qui avait décidé de renoncer à un statut gratifiant pour venir en aide à des enfants en proie à un système de broyage quasi incontrôlable. Autant le dire cette personne était une exception et je veux exprimer à cette dame toute ma reconnaissance. Hors mis donc ma rencontre avec cette personnalité hors du commun, le reste du temps, mes rencontres avec les éducateurs ont été marquées par la stratégie du « cause-toujours je ne t’écoute pas, je ne te réponds pas et je te raconte ce que je veux ».
C’est le principe de la confrontation des monologues. Nous avons affaire à des gens qui s’estiment avoir entièrement le droit de déconsidérer vos propos en s’appuyant sur leur titre alors que tout porte à croire qu’ils ne connaissent absolument rien ni à ce prodigieux outil de l’élévation de l’être qu’est la programmation neurolinguistique ni aux techniques de développement personnel plus anciennes que sont l’analyse transactionnelle ou encore la conception maslowienne de la personnalité (pyramide de Maslow) qui régit pourtant pleinement aujourd’hui l’économie mondiale et par le fait devrait susciter un minimum d’intérêt.
Afin de témoigner du rapport de communication foncièrement malsain entre les éducateurs et les braves gens animés par la quête du bon sens je veux citer deux exemples:
* Ma rencontre avec 4 personnes dans les locaux de la PJJ pour déterminer la qualité d’un projet professionnel élaboré pour mon petit frère de cœur: leur stratégie était de me poser tout un tas de question en même temps pour me déstabiliser et me démotiver: envoyer suffisamment de signaux pour décontenancer la personne et la paralyser, c‘est le principe politique obscurantiste de la submersion de l’autre pour dissimuler la sienne… tristement enfantin! Pouvons nous raisonnablement laisser faire par de piètres acteurs une politique de bas étage se substituant de façon tout à fait déplacée à un travail d’éducation consciencieuse? Je ne puis m’empêcher de me répéter la
chose suivante: mieux vaut une éducation droite et honnête qu’élégante et frivole.
* L’opposition de l’éducatrice lorsque je lui ai demandé d’œuvrer de sorte à rétablir le contact avec Mon petit frère à l’occasion des 50 ans de ma mère et de ses 10 ans à lui qui se célébraient le même jour: sa justification était: « en coupant l’enfant de votre famille nous tentons une expérience et nous vous demandons ne pas interrompre cette expérience, c’est une décision de justice, ce n’est pas négociable ». Ce genre d’expérience a beau être interdit par la loi, les Frankenstein étaient trop forts pour moi, que pouvais-je y faire? A l’époque je pressentais qu’un tas d’ennuis pourraient me tomber dessus si je m’opposais, mais de toute façon ces ennuis, je les ai eu avant de m’y opposer. Alors pourquoi continuer à renoncer de s’opposer?
Pour clore cette question je voudrais ici citer un adage réputé comme bâtisseur: « ce n’est pas la fonction qui importe mais la manière dont on la remplit. » A ce sujet ne dois citer Jean-Claude Boulard Conseiller d’Etat: « Dans la relation de médiation, le pouvoir ne prétend pas incarner la divinité, ni s’inscrire dans sa descendance, mais se présente comme porte-parole de ses lois."
2°) du point de vue de l’analyse transactionnelle.
L’analyse transactionnelle nous dit : nous sommes toujours inscrits dans un jeu de rôle avec l’autre mettant en scène chez chacun de nous trois composantes: l’ enfant intérieur (le spontané, l‘humour, la colère…), le parent intérieur (il apaise, il prend en charge, il dissimule retient avec bienveillance) et l’adulte (il analyse et il tranche). Lorsque surgit un conflit entre deux êtres, c’est souvent que notre enfant ou notre parent intérieur n’est pas écouté ou pas compris par l’autre et dans ce cas il nous faut chercher à entrer dans une phase de réflexion commune, c’est l’aspect adulte de chacun qui s’exprime. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe avec les éducateurs spécialisés. Ils ne cherchent pas à vous emmener sur le terrain de l’analyse. Ils cherchent à dissimuler la réalité de leurs motivations syndicales ou politiques plus ou moins officielles. Plus ou moins consciemment, les éducateurs savent qu’ils ne sont pas bien formés, ils connaissent leurs propres degrés d‘assurance et de frilosité, leur capacité ou incapacité à se justifier. Certains arrangent leur confort de travail. Le dialogue est ainsi faussé et l’on s’inscrit dans une relation de non communication qui nourrit toute forme de frustration. Lorsqu’une maman psychiatriquement suivie déclame son désir absolu de couper son enfant de son passé, c’est le rôle de l’éducateur de lui dire « ne désirons pas nos enfants comme nous les avons rêvés ».
3°) du point de vue de la Gestalt-analyse:
La gestalt-analyse est antérieure à la PNL. Notons toutefois que les fondateurs de la PNL étaient des praticiens en gestalt. Ceci nous conforte dans le fait qu’ elle semble moins facile à appréhender. Il s’agit d’un mode de pensée assez diffus censé être basé sur l’art du contact et qui toutefois présente l’avantage de mettre l’accent sur un concept très porteur: celui de la « boucle de contact » . Le contact avec une personne peut être perçu comme un besoin qui doit être intimement respecté jusqu’à ce que ce besoin ne soit plus ressenti. Ce précepte s’appuie sur l’idée fondatrice de la Gestalt selon laquelle le tout est supérieur à la somme des parties. Inutile de préciser que concernant l’affaire de mon petit frère de coeur, la gestalt a été totalement ignorée.
4°) du point de vue de la pyramide de Maslow:
Il existe en chacun de nous une pyramide hiérarchisée des besoins:
. Besoins physiologiques
. Besoins de sécurité
. Besoins d’appartenance
. Besoin d’estime
. Besoin d’accomplissement, de réalisation
Aussi lorsqu’une maman motive son souhait de récupérer son enfant sur la base d’un besoin d’estime et d’accomplissement le travail du spécialiste consiste à ne pas oublier que l’identité d’un enfant est intimement liée à son besoin d’appartenance, et que celui-ci est antérieur au besoin d’estime et de réalisation dans la pyramide, hors mis le fait que par son statut d’enfant il est plus fragile que l’adulte, sa maman. Il ne paraît ainsi guère possible de prétendre sérieusement qu’en favorisant une rupture totale de l’enfant avec son passé pour satisfaire le désir de la maman, que l’on va œuvrer dans l’intérêt de l’enfant. La pyramide de Maslow constitue donc un autre moyen de contrôler la cohérence de la décision.
5°) Du point de vue de la PNL:
Il existe en PNL un concept inévitable pour tout spécialiste en développement personnel et soutien éducatif: la notion de « carte du monde ». La « carte du monde » , c’est le prisme personnel de notre expérience par lequel passent toutes nos sensations qui participent ainsi à la représentation que nous nous faisons de la vie. Le respect de soi et de son identité, le respect du travail effectué par les autres pour nous, voilà une valeur pouvant être considérée comme fondamentale dans la construction psychologique d’un enfant placé. Le sujet est-il régulièrement posé de la sorte?
Par ailleurs, la PNL prend en compte le phénomène de contagion des états psychologiques internes, et donc permet de se méfier du phénomène d’empathie psychotique. Elle oblige à faire la différence entre l’acte bienveillant et la pitié larmoyante. Le discernement doit toujours primer sur la confusion.
Une situation qui a de toute évidence dépassé la capacité d’analyse des psychologues dans l’affaire qui nous concerne, quand la maman naturelle ne parvenait pas à sortir d’un mécanisme accusateur et plaintif.
En PNL on dit aussi que « la carte n’est pas le territoire », même devant ce qui est verbalisé, la réalité intrinsèque du subconscient réserve toujours des surprises. Dès lors que penser d’une éducatrice qui oserait vous dire « tant que l’enfant ne le réclame pas de façon significative, vous ne le reverrez pas ». Le manque de culture appropriée, tout au moins d’assimilation d’une telle culture dans cette profession est décidément alarmant.
6°) du point de vue des cycles septennaires:
Le cycle septennaire est une vision de l’évolution de l’être humain qui décompose la vie en périodes de 7 ans. 8 périodes ont été répertoriées. Intéressons nous aux deux premières.
. De 0 à 7 ans: l’enfant a besoin d’aimer: le rôle de la maman est omniprésent. Il est dans l’appréhension horizontale, la construction des sens (odeurs, joies, mœurs, éveil…)
. De 7 à 14 ans: il a besoin d’admirer, le rôle du papa est omniprésent. Il est dans l’appréhension verticale. Un protecteur, le père, s’impose dans ses rapports avec la société. Ce protecteur devient l’allié privilégié dans la découverte du monde extérieure au cocon familial.
En toute logique, ce n’est pas à 8 ans qu’il convient de retirer un enfant à un cadre affectif privilégié qui lui fournit des présences et complicités masculines, pour l‘exclure totalement de ce « nid » , ou alors le faire…mais sans parler de l’intérêt de l’enfant.
7°) du point de vue de la psychanalyse freudienne:
Donnons toute sa considération au principe du refoulement: une idée est évacuée (provisoirement pour resurgir plus tard et déstabiliser) lorsqu’elle est en contradiction avec la morale ambiante, en l’occurrence l’analyse précise dans un contexte de banalisation du phénomène de laxisme.
8°) Du point de vue de la phénoménologie (du Dr Caycedo):
Fondée par le philosophe allemand Edmond Husserl ( 1859-1938) la phénoménologie est l’étude de l’assimilation de la connaissance. Selon la phénoménologie, la sensation précède la nomination, le classement et le jugement. La sensation est essentiellement le domaine de l’enfance. C’est une question de bon sens il n’y a rien d’étonnant à ça. Ainsi pour qu’une personne exprime son besoin, le cheminement de l’idée par depuis la sensation vers une démarche d’introspection qui permet d’aboutir à la nomination. Dans le meilleur des cas, cela se produit à la fin de l’adolescence. Que penser donc du discours qui consiste à dire « tant que l’enfant ne dit rien, tant qu’il ne nous contredit pas directement, on ne bouge pas » .
9°) du point de vue de l’éthymologie:
L’éthymologie en tant qu’étude de l’origine des mots, le premier critère de qualité en termes de cohérence de la pensée: éduquer vient du latin « educare » et signifie « conduire vers l’autonomie ». Par définition c’est dans cette optique qu’est censé se placer le système psycho-éducatif.
10°) Du point de vue du « positivisme »: le préjugé du nombrilisme.
Rappelons que le positivisme est l’étude du sens exacerbé de l’objectivité.
Tout se passe exactement dans l’institution comme si les décisionnaires jugeaient comme incapable d’objectivité un individu touché de plein fouet par leurs insuffisances. Ils agissent exactement comme s’ils ignoraient que le meilleur moyen de gérer une frustration extrêmement oppressante est de la transformer en motivation au service du plus grand nombre. En fait il se peut tout simplement que ce soit l’absence d’une véritable maîtrise du langage et le manque de confiance qui en découle au sein même de leurs propres compétences qui les dissuade de mettre en place des dialogues authentiques et constructifs. La subjectivité d’un acteur personnellement impliqué est un risque et non un automatisme, ce n’est pas tout à fait la même chose.
Un vrai dialogue nous aurait permis d’instaurer ensemble une intervention de ma part dans la structure d’accueil qui était sur le point de recevoir Clément à l‘âge de 16 ans. J’aurais très bien pu proposer mes services dans le cadre d’un atelier de dessin caricatures. De même lorsque l’intellectualité est en panne dans une institution, ce sont les exemples humains qui permettent d’entendre le noyau ignoré de la souffrance. Le dessin est une activité très porteuse et le sens de l’humour propre à la caricature constitue un bon exutoire (en plus d‘une chance personnelle pour les membres de l’encadrement qui ne l‘ont pas encore développé). Ma présence aurait préservé le rattachement de Clément à son passé. Par ailleurs, ce travail régulier au contact de l’éducatrice lui aurait permis de voir par elle-même ma détermination à prolonger une intériorisation particulièrement raisonnée de ma démarche. Mais comprendre tout cela ou le permettre était sans doute trop complexe pour qui de droit.
11°) Du point de vue de l’Abbé Pierre
Rares sont les parvenus qui ne sont pas des fuyards.
La peur, c’est un manque d’être, une mauvaise connaissance de nos possibilités et la plus grande d’entre elles, l’amour.
L’indignation pourrait avoir beau jeu de nous donner bonne conscience, pourtant elle ne dispense pas de l’action.
On ne sauvera pas les uns sans les autres.
Etre fidèle, c’est ne pas se dérober.
L’amour se dit, se donne et il sauve.
Il ne peut y avoir de salut si, devant le mal, devant l’exploitation du plus faible, il n’y a pas la colère. La colère révèle ce qui est aimé.
On construit la paix avec tous les morceaux de guerre que l’on trouve.
Le pire c’est d’être exclu de la communauté humaine.
Lorsque la suffisance s’empare d’une société qui pense être au-dessus des autres, qui pense détenir la vérité, qui pense être le bien, c’est la porte ouverte à la barbarie, à l’horreur.
Renaître. Repartir de la source. Rompre avec le fatras des conventions où se camouflent les faussetés.
La vraie charité ne consiste pas à pleurer ou simplement à donner, mais à agir contre l’injustice.
Qu’avons-nous fait de nos frères les plus faibles?
J’ai de la haine contre les actes mauvais des hommes. Mais je n’en ai pas contre les personnes.
C’est dans le mystérieux sanctuaire de l’âme de quelques uns que se joue chaque jour, le destin des multitudes. Dans l’âme de ceux qui diront : « me voici ».
On ne peut utiliser le Beau dans la relation avec la souffrance que si l’on a assumé en soi la conscience du sacré dans la personne.
Etre la voix des hommes sans voix, de ceux que la douleur réduit au silence, la voix qui montre ce qui est, ce qui se peut, ce qu’il faut faire, ce qui doit se dire , que ça se dise ou que ça ne se dise pas.
La solidarité contribue au relèvement.
Il n’y a pas d’amour s’il n’y a pas de liberté. L’homme est libre d’aimer. C’est un choix.
L’amour et la justice sont réciprocité indissociable.
Comprendre fait partie de l’amour.
Tout pouvoir est aveugle dès lors qu’il est assez haut pour avoir de grands moyens. Il est alors trop loin de la connaissance réelle populaire.
Aimer me sort de moi, car c’est l’essence de tout amour vrai d’extasier, c’est-à-dire de mettre hors de soin et de faire ne plus être soi qu’en étant un avec l’être aimé.
La paix, c’est là où il y a du bonheur, un épanouissement, où la vie est respectée depuis la naissance jusqu’au grand départ, où l’on ne refuse pas celui qui vient par amour nous la donner.
Les pauvres* ont besoin d’une présence, d’un contact avec ceux qui les aiment, d’une communion, d’une fraternité humaine.
Le scandale du mal, c’est qu’on l’oublie, on s’en fait complice.
La conscience de la fraternité est essentielle au progrès social et au progrès humain.
La pitié n’est pas une fin. Seule la justice est un but digne de l’homme.
Sois bon. Déteste la suffisance.
Vous les jeunes, soyez fidèles à l’appel que vous sentez au profond de vous-mêmes.
L’étude sérieuse des racines du conflit et l’éducation sont constitutifs du dialogue qui est le premier chemin pour la paix.
Cela ne sert à rien de donner sans avoir été blessé par la blessure de l’autre.
L’amour est une énergie qui réconcilie l’être avec lui-même.
Ce n’est pas en tirant sur l’herbe qu’on fait pousser le blé plus vite. Savoir avec amour patienter, regarder au jour le jour le petit effort, la lente montée de chacun.
Tu es né pour aimer.
Il ne suffit pas de s’émouvoir dans devant la misère, il faut passer à l’action.
Oui la charité consiste à unir toutes mes énergies aux énergies de l’être blessé pour guérir ensemble de son mal devenu le mien. Si la politique n’inclut pas cette charité là, elle est vaine.
Si dans une famille, ceux qui sont les plus forts ne tiennent aucun compte du malade, du vieillard, du nouveau né, entrent le jour comme la nuit en claquant des portes, il n’y a plus de famille. Par contre, si chacun conditionne sa manière en tenant compte du faible, du vieillard, du malade, du nouveau-né, la famille s’épanouit.
L’éducation commence dans la relation d’amour qui est dans la famille.
Si tu ne rends pas croyable l’amour, celui qui a subi toutes les déchirures reste enfermé dans son égoïsme.
L’injustice, ce n’est pas l’inégalité, c’est le non-partage.
Aujourd’hui, il y a des moyens de réaliser l’impensable d’hier.
Ayez la sagesse d’accepter humblement ce qui nous dépasse.
Ai-je su choisir assez d’aimer. C’est la seule sérieuse question.
J’ai la certitude que le moindre geste d’amour est une pierre qui participe à l’édification du Royaume. Et cette conviction transforme complètement le sens de toute vie.
Si nous avions un but, c’était celui d’être vrai.
Quand une société laisse un million de ses enfants sur le côté de la route, elle est à la dérive.
Le chemin de toute vie est bordé par des personnes. Ce n’est pas un chemin dans le désert.
Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien.
Le pauvre * est l’instrument par lequel vient la connaissance.
La colère est parfois nécessaire, non pas pour détruire mais pour marquer une limite, pour affirmer une vérité pour le bien de tous et poux son bien propre.
La justice ne peut s’exercer que lorsqu’on est pleinement conscient de l’amour qui a besoin de l’autre.
Les dons de soi ou de ses biens qui, chaque jour se manifestent ici ou là, ne prouvent-ils pas qu’on peut espérer sans être des illuminés? Agissons donc.
Le pauvre* en tant que tel ne devient pas un maître, mais le livre vivant dans lequel on déchiffre le sens de la vie.
On ne construit pas sans connaître. Et connaître, c’est naître ensemble.
L’amour est la forme supérieure de la justice.
Allez et accomplissez chacun votre mission.
* dans le mot « pauvre » il convient ici d’entendre « l’enfant fragile ».
Ces phrases ont été recueillies dans le livre « Abbé pierre, une médiation par jour » aux éditions Presse de la Renaissance.
12°) Du point de vue de la déclaration des devoirs de l’homme:
Voici quelques extraits très opportuns à mon sens de la déclaration des principes essentiels de l’ordre social et de la République, incluse dans la déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen, votée par la convention dans sa séance du 23 Germinal an III. Ils permettent de comprendre notamment pourquoi j’ai du refuser la main qu’on a sans doute cru pouvoir me tendre.
Extrait de l’article Ier:
« Aucune section ou fraction du peuple, aucun état ou profession, aucune société, assemblée ou attroupement, nombreux ou non ne sont le peuple français, et quiconque dit le contraire est ou imbécile ou imposteur, ou brigand. »
Article II:
« L’égalité des droits entre les citoyens est la base de la République.
L’inégalité entre les talents et la médiocrité, entre l’industrie et la capacité, entre l’activité et la paresse, entre économie et la prodigalité, entre la sobriété et l’intempérance, entre la probité et la friponnerie, entre la vertu et le vice, plus encore que dans tout autre gouvernement, est la loi essentielle de la nature et des mœurs. »
Article III:
« la liberté d’agir n’étant que le pouvoir de faire ce qui ne nuit pas à autrui, ne peut jamais entraîner l’impunité des actions criminelles. »
Extraits de l’article V:
Tout système d’administration ou de législation tendant à soumettre les Français au régime de la terreur (…) à altérer ou à corrompre les principes de la morale naturelle, à établir des dénominations, costumes ou ralliements particuliers, est un crime.
Extrait de l’article VII:
Tous discours, écrits ou opinions, adresses ou pétitions qui tendraient à provoquer (…) l’avilissement des autorités (…) sont des crimes.
Extraits de l’article VIII:
Ceux qui favoriseront la paresse ou le désordre en faisant donner des secours aux hommes sans vrai besoin ou sans mœurs, en multipliant les emplois inutiles, ou en y plaçant des hommes incapables (…) seront responsables de leurs fausses applications.
Extraits de l’article IX:
« Tout citoyen qui a pris part à l’administration, doit se tenir prêt à rendre des comptes de sa fortune passée et présente. (…) La justice, bien plus encore que la richesse, est le salut de la République et le vrai fondement du crédit national et de la confiance » .
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