dimanche 22 mai 2011

II. Les causes environnementales

1°) l'étude générale des milieux influents extérieurs aux familles
2°) l'absence de responsabilité dans le système hiérarchique
3°) la friponnerie dans l'Etat
4°) les frilosités de la classe politique majoritaire actuelle

1°) L’étude générale des milieux influents extérieurs aux familles:
Avant de chercher à savoir comment l’on peut modifier les effets d’une expérience scientifique, il convient d’identifier clairement les milieux dans lesquels on évolue.

L’éducateur appartient à un milieu professionnel qui subit comme tous les secteurs une progression incontestable de la mentalité individualiste. L’emploi est avant tout un moyen de gagner sa vie, le reste est secondaire. Je ne dis pas qu’il l’a toujours été. Je dis que les vocations s’estompent avec le temps. Difficile d’affirmer que tout cela est de bon aloi pour les jeunes qui font office de matière première au porte-feuille personnel tout en permettant à l’individu d’arborer le cas échéant un statut qui parvient peut-être de temps à autre à soulager encore sa conscience. Il reste que face aux méthodologies d’analyse exposées ci-dessus, cette profession subit une déficience en matière de niveau d’organisation, elle doit être restructurée.

Le milieu judiciaire quant à lui est corporatiste : son épouvantail est non seulement la stabilité nationale, en suivant le fonctionnement traditionnel de sphères occultes qui s’entrecroisent avec la justice. La menace constituée par une hiérarchie obscure pèse plus que l’enthousiasme de venir en aide aux jeunes.

Le milieu politique évolue dans une forme de clanisme complaisant: ce qui est étranger au fonctionnement habituel est considéré comme dangereux. Les fils de famille le prendront pour un ordre des choses,  les créateurs prolifiques pour  un désordre de la pensée humaine.  Ce supposé ordre des choses repose sur un sens des valeurs humaines qui se partage essentiellement dans le non dit avec toute la confusion qu’il implique. De son côté l’excellence humaine qui découle de la PNL nous enseigne que la qualité des mots détermine la qualité de la pensée, qui elle-même détermine la qualité de la fonction.

Ces trois milieux font office d’ingrédients  pour un cocktaïl d’aberrations qui, bien que banalisé, va faire ici l’objet de toute notre attention :

2°).  L’absence de responsabilité dans les voies hiérarchiquement organisées.
En théorie, une hiérarchie est un système permettant de veiller au grain dans le respect d’un certain nombre de codes professionnels. Mais quel est le rôle au juste de la hiérarchie dans le système éducatif et judicaire? Je proposerai la réponse suivante: faire bonne figure et sauver les apparences. En aucun cas il semblerait que la hiérarchie dans le cas présente ne soit disposée à superviser le bien fondé du travail effectué, tout simplement parce qu’il y a un problème d’aptitude directement lié à un problème de savoir spécialisé. En d’autres termes, les éducateurs dits spécialisés, en réalité ne le sont pas. J’ai pris conscience de cette problématique lors d’une conversation avec une ancien formateur de conducteurs de train TGV qui me racontait comment il a du faire face à un subordonné subitement voeuf. Les consignes étaient très claires: « vous faites comme vous le sentez ».  Interrogeons-nous alors de la sorte: prend-on d’ordinaire le temps, dans les pouvoirs publics, d’apprendre à sentir les choses à ceux à qui l’on donne le pouvoir d’agir? De même notre ressenti est-il toujours performant? Les ancrages mentaux ne constitueraient-ils pas un recours plus sécurisant? Sur un plan politique pouvons résoudre une imposture sans nous permettre auparavant de la dénoncer? 

Un travail bien pensé est à moitié fait. Dans cette optique un travail bien fait implique de déterminer au préalable la nature et la place des responsabilités. Or, la tradition dans les Pouvoir Publics n’est pas de déterminer avec précision la nature et la place des responsabilités mais de les diluer en servant d’un réseau rompu à l’art de la manipulation. C’est le propre d’un système de valeurs confus, d’une pensée  brouillée  qui s’impose sans passer par une réflexion en phase avec son époque. Tel
est le système qu’il convient à mon sens de qualifier d’archaïque pour ne pas dire d’une certaine façon psychopathe. Appliqué à une institution, je comprends que  le terme puisse surprendre. Mais « le bon stratège est celui qui conduit son armée comme un seul homme » (Sun Tse)

Une pensée élaborée serait en réalité le fruit d’une action intériorisée: elle permettrait non seulement d’agir avec justesse mais aussi  d’enseigner, transmettre et ne témoignerait pas de l’embarras actuel de nos institutions sur le sujet. Educateurs et psychologues ne doivent pas perdre de vue la réalité des choses: qu’elle soit porteuse de joie ou de cruauté : la PNL, telle qu’elle est expliquée par le spécialiste Anthony Robbins  est une équerre. Elle est un outil constant de vérification. Elle donne le sens de la mesure et de la précision dans l’exécution. La PNL va même  plus loin. Tel un levier, elle permet d’exercer une action raisonnée, calculée et déterminée. L’étude sérieuse de la PNL, c’est une marche vers l’excellence humaine.


3°) La friponnerie dans l‘Etat:

« La vie est précieuse, prends en soin » Mère Teresa.  

Je voudrais d’abord ici parler des contacts que mon petit frère et moi-même avons pu avoir avec sa dernière éducatrice. Je veux citer cet épisode où il a souhaité lui adresser, alors qu’ils étaient en discorde une carte de vœux montrant un chimpanzée assis sur un tronc d’arbre et illustré par la phrase suivante: « asseyez-vous j’ai tout votre temps » . Clément voulait lui faire comprendre qu’il était sûr de son choix en refusant de réintégrer un foyer et en misant son avenir sur un contact affectif rétabli avec sa famille d’accueil. La réaction de l’éducatrice fut la suivante: « il faut que cela cesse, sinon cela pourrait aller très loin. Le  frère que tu t’es choisi pourrait avoir des ennuis sérieux ».
Notons également dans ce contexte, j’avais déjà été pris à parti par des policiers à la sortie des bureaux de la PJJ et que cette éducatrice au bout de deux ans n’avait toujours pas compris le bien fondé du jeune à lui refuser sa confiance. Pour conclure un marché avec le référent éducatif privilégie que j’étais susceptible de représenter à l‘égard de Clément, il fallait que la partie adverse ait de quoi conclure ce marché. Et la matière indispensable était bien autre chose à mon sens qu’une tasse de café. C’est avec la connaissance appropriée et la conscience des choses que l’on négocie, pas avec la dangerosité d’une routine dépassée, quelle que soit sa propension à être partagée par un réseau tribal. Nous ne devons pas oublier la sagesse d’Ovide, le poète antique: arrêtez le mal dès son origine, le remède vient trop tard, quand le mal s’est accru par de longs délais.

Combien sont-ils encore à ignorer que l’on n’exige pas d’une règle qu’elle soit belle, mais qu’elle soit droite? Les vrais bâtisseurs le savent bien, mieux vaut un outil sobre sans fioriture mais précis et efficace qu’un très bel objet peu pratique et imprécis. Enfin, fidèle à une certaine vision du développement personnel je voudrais dire que la rectitude n’est pas une manière de s’évader du monde, mais bien au contraire d’y évoluer en harmonie. Lorsqu’il s’appuie sur les interdictions du long terme le soutien éducatif d’un état averti doit être bien plus qu’un acte de bienfaisance de proximité et d’immédiateté. Le travail d’un professionnel n’est pas d’exaucer un parent ou de combler un enfant, mais de prendre les dispositions qui respectent son identité, et pour cela il convient d’illuminer sa pratique par un minimum d’ouverture intellectuelle à l’étude : voir les disciplines évoquées ci-dessus).

En allant plus loin dans l’observation du fonctionnement de la justice il est intéressant ici d’évoquer ce que le principal rapporteur de la commission d’enquête sur l’affaire d’Outreau appelle un enfermement intellectuel dans le fonctionnement de l’autorité, alors même qu’il lui arrive de décrire des actes tout bonnement de mauvaise foi. L’éducation n’est-elle pas une question de droiture et de respect? A force de conservatisme et de corporatisme, le sentiment océanique, la plénitude de l’égrégore, cette dynamique de groupe recherchée par les protagonistes politiques suprêmes finit par ne représenter plus qu’un nuage toxique pour l’enfant en quête de repères.


Puis-je suggérer ici une citation à faire méditer aux décisionnaires de la justice?

« Vous ne pouvez donner la force au faible en affaiblissant le fort.
Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.
Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.
Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l’initiative et l’indépendance.
Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. »

(Abraham Lincoln 1860, devant le congrès américain)




4°) Les frilosités  de la classe politique majoritaire:

« La justesse précède la justice. Un juste dialogue précède une juste décision. »

J’ai passé trois ans de ma vie à tenter de sensibiliser le plus grand parti politique sur la question. Tout ce que j’ai obtenu dans un premier temps, c’est une accélération de la machination policière et judiciaire me concernant avec bien sûr un mutisme total quant à mes revendications.

Dans un second temps, il se trouve que Madame la Ministre de la justice s’est déplacée au  Mans pour signer des accords concernant une amélioration potentielle du travail de coordination entre les différents intervenants. Or l’art de la guerre nous dit « sur un terrain plat, on n’attaque pas l’ennemi de front, on l’encercle ». La psychologie est un terrain plat, d’où l’on peut s’extraire à l’infini. En conséquence, on ne terrasse pas l’ennemi (l’incohérence) en misant sur une avancée linéaire (améliorer la coordination) mais en l’attaquant sous tous les angles en même temps. Dans le cas contraire on invite à nouveau le problème à se déplacer et à créer d‘autres problèmes en aval. .Je comprends alors que là aussi on se trouve confronté à un manque de moyens culturels et je crois alors que, et c’est un grand malheur pour notre pays,  ce n’est pas lorsque l’on est au pouvoir que il est le plus facile de se disposer à apprendre de nouvelles choses, et c’est bien pour ça que j’avais tenté d’attirer l’attention sur la question bien avant les élections du changement. Le gouvernement, d’après Guy Gilbert, c’est la capacité de nos instructeurs à nous aider à nous tenir droit. En ce qui me concerne, il a plutôt montré sa capacité à me faire courber le dos. Je ne comprends pas qu’on ait pas plus de considération pour la cause des enfants en difficulté dans notre pays. Pour faire avancer la question, il m’était donc judicieux de quitter ce parti politique qui ne présente pas dans ses habitudes culturelles par ailleurs de parler clairement des problèmes auxquels il est confronté. Ne pas avoir une idée claire de ce que l’on estime important, cela semble faire partie du problème mental de ce parti politique en général. C’est un problème d’évolution de la pensée humaine. Ce n’est pas avec des fonctionnements psychologiques primaires et rigides qui misent sur des stratégies mafieuses d’étouffement (l’obscurantisme) que l’on pourra résoudre la question de l’éducation dans le système judiciaire. Il n’y a rien de plus légitime à rechercher une autorité de compétence plus qu’une autorité de hiérarchie.

Néanmoins j’y vois une note de reconnaissance du genre « on n’est pas bons mais on fait ce qu’on peut ». Moi je crois qu’on peut faire plus, non seulement je le crois, mais je le fais. On a beau vouloir améliorer les problèmes de coordination, cela ne change rien au problème fondamental qui se résume à l’absence d’une vision commune à la fois globale et précise. Et quant on est passé aussi loin de la juste analyse sur l‘affaire de Clément, alors mieux vaut ne rien faire. Commettre une erreur est humain, reproduire deux fois la même erreur après avoir été averti deux fois en prenant toutes les dispositions pour faire taire le contradicteur, ce n’est plus une erreur, c’est un crime.

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